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17.09.2010

Isparta, capitale de la rose


Ces vers de Ronsard introduisent une note parfumée « Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avoit desclose Sa robe de pourpre au Soleil, A point perdu ceste vesprée Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au vostre pareil… »


Aujourd’hui 5 000 variétés sont connues. Seulement deux sont utilisées en parfumerie : rose de Damas (Isparta,Turquie) et rose de mai (Grasse).

La rose damascena (”rose d’été de Damas”) ou rose d’Isparta est recherchée par tous les grands parfumeurs.

Isparta est située au centre de la Région des lacs (Göller Bolgesi) sur les hauts plateaux de la chaîne du Taurus(Toros Dağları).Les habitants de la vallée cultivent depuis des générations des roses odorantes particulières destinées à la production d’huiles essentielles. C’est la région des roses en Turquie : le GÜLISTAN. Les roses sont cueillies tôt le matin lorsqu'elles sont à demi ouvertes et que leur parfum est le plus embaumant. La quasi-totalité de la quantité fabriquée est exportée en France, à Grasse.

Les travailleurs turcs gardent une petite partie de la récolte. Ils la transforme dans l’alambic familial. Cela leur rapporte un profit supplémentaire mais aussi la fierté d’être quelque part alchimiste car leurs productions (huile de rose, savons, crèmes, eau de rose presque fluo, shampoings, bonbons, loukoums, confitures) dans des emballages rose nacré sont vendues à Isparta.

 

 

 

Il n’y a pas si longtemps, les roses étaient encore cultivées selon les techniques usuelles. Aujourd’hui, grâce à Weleda ( Laboratoire allemand de produits cosmétiques et préparations pharmaceutiques) , la culture des roses est biologique. C’est le résultat d’un projet de coopération particulier entre Weleda, un ingénieur agronome turc et un cultivateur de roses du petit village de Senir.

Les cultivateurs de roses sont surtout des petits cultivateurs des villages voisins d’Isparta. Ils disposent d’une surface de 1.000 mètres carrés environ sur laquelle ils cultivent amandiers, pommiers, abricotiers, raisins et roses.

Les parcelles sont disséminées dans la vallée. A proximité des montagnes, les roses profitent de l’air sec du climat de montagne. Plus l’on se rapproche du lac, plus l’air est humide et plus les moisissures ont tendance à se développer. Néanmoins, en général, le climat de la vallée d’Isparta est propice à la culture des roses. On y enregistre peu de précipitations, l’hiver y est court et les journées d’été sont chaudes pour refroidir en soirée. Ainsi, les rosiers sont forts et sains et dès lors moins exposés aux maladies et aux parasites.

Pourtant, ils étaient traités jusqu’il y a peu de temps à l’aide de pesticides synthétiques et d’engrais artificiel. Les cultivateurs n’ont pas les moyens de suivre une formation en agronomie et ignorent donc généralement ce dont les roses ont besoin pour rester saines ainsi que la manière dont les maladies et les carences apparaissent. Ils prennent exemple sur leur père ou reproduisent les habitudes d’un voisin.

Ce projet de culture biologique ne profiterait pas seulement à l’environnement naturel d’Isparta ; les cultivateurs auraient la possibilité de suivre une formation, d’accroître leurs revenus et d’écouler leurs roses avec certitude. A ce jour, plus de 90 cultivateurs ont accepté la reconversion. Avec le rendement de leur entreprise, la récolte devrait atteindre 300.000 à 400.000 kilos de roses biologiques par an, soit 200 à 270 litres d’huile de roses biologiques. Un jardinier de Weleda s’est rendu en Turquie en mai de cette année en vue d’initier les cultivateurs d’Isparta à la culture biologique. En collaboration avec un conseiller agricole turc il a initié les cultivateurs à la vie dans le sol, à la fabrication de compost biologique et à la protection naturelle des plantes. En juillet, il est retourné à Isparta pour dispenser des formations de deux jours présentant certaines méthodes de façon plus détaillée. Peu après, les cultivateurs se sont mis au travail avec enthousiasme pour se perfectionner dans la culture biologique des roses.

La rose d’ Isparta a toutes les nuances : du rose au violet, sa culture prend énormément de place : collines, plaines, champs en terrasses qui forment de longues bandes, des tapis. La demande de l’industrie cosmétique est de plus en plus importante.
Entre mai et juin,hommes, femmes, cueillent les corolles qu’ils apportent pour la pesée à l’ombre des platanes. Le poids de chaque sac est inscrit.Les sacs sont véhiculés vers les usines.
L’huile de rose est obtenue par la distillation des pétales soumises à une forte vapeur dans des cuves en cuivre ou d’acier, hautes de plusieurs mètres. Chaque cuve est emplie de cinq tonnes de fleurs et d’une tonne et demi d’eau pure. La vapeur condensée est recueillie dans de grandes bouteilles. Une fine couche d’huile jaune pâle, précieuse, GÜLYAGI ( essence de rose) flotte à la surface et celle-ci a une très grande valeur. Il faut 4 tonnes de fleurs pour obtenir un kilo d’huile. Elle est décantée, filtrée et conditionnée.

 

La rose est appréciée dans le monde entier pour sa beauté : elle exprime la passion et la douceur, la joie et la douleur.

L’huile de rose musquée est réputée pour la réparation de la peau!
Elle est utilisée dans les services de grands brûlés pour régéner les tissus et empécher que les gazes n'adhèrent aux plaies.

 

 

 

 

 

 



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Mehmet Ünal