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04.05.2009

loi de MURPHY et bien non, il s'agirait de la loi de HOFSTADTER...


Si,si c'est très sérieux.... . Nous découvrons la loi de Hofstadter (ou loi de glissement de planning), loi empirique concernant la difficulté de la planification dans de nombreux domaines à commencer par celui de la maintenance de bateau.


Nous sommes toujours confrontés dans la maintenance de nos bateaux à la difficulté d’estimer le temps nécessaire pour réaliser une tâche un peu complexe. Seuls ceux qui ne mettent pas « leurs mains dans le cambouis » n’ont pas la certitude qu’une telle  estimation reste inéluctablement approximative. Le bateau est un environnement où est concentré un maximum de fonctionnalités dans un minimum de place. Résultat, une tâche simple sur papier peut se transformer en un parcours du combattant rien que pour  accéder à la zone et s’apparenter au bagne si l’envie vous reste encore de travailler. L’exiguïté de nos  salles machines en est l’exemple parfait : « Dans certains cas,  il faudrait moins de 10 minutes pour remplacer un filtre en atelier, quand il vous faudra parfois une heure pour arriver à vos fins. »

 

Dans ce domaine, certains constructeurs de bateau sont les grands responsables souvent de ces situations. On construit le bateau d’une manière séquentielle en empilant les fonctionnalités  (moteur, électricité, eau, menuiserie, vaigrages, etc…) et en évitant de se poser la question qu’un jour il sera nécessaire d’accéder voir travailler dans cette zone ou celle-là du fait la présence d’organes vitaux pour le bateau qui nécessitent une maintenance régulière ou tout simplement pour une question de sécurité.

Récemment j’ai eu la démonstration  de cette situation : Le démontage du vaigrage d’un fond de placard pour accéder à des tuyaux traversant cette zone. A priori un démontage apparemment facile :  6 vis apparentes. Sauf que une fois au travail, on s’aperçoit que pour remplir cette mission, il faut démonter le vaigrage du bas du placard, mais aussi celui du haut de placard ( des vis se trouvant derrière ces éléments), qui lui même ne peut être démonté que si l’on démonte les fixations de l’installation électrique qui rend inaccessible les vis de fixation de ce dernier, tout cela dans un placard si étroit que vous ne pouvez vous engager que de biais et n’utiliser que difficilement les deux mains.

Vous êtes essoufflés par la lecture d’une phrase aussi longue ? Celui qui a rempli cette mission le fût par la complexité inattendue de cette tâche. Une tâche qui n’aurait pas pris plus de 10 minutes normalement si le constructeur avait intégré la nécessité d’accéder dans un délai normale à cette zone, et qui s’est avérée fastidieuse et 6fois plus longue que l’estimation initiale. Plus généralement, les constructeurs devraient intégrer la nécessité d’accéder à l’ensemble de la coque n’étant pas à l’abri d’un choc pouvant endommager celle-ci et nous obliger à y accéder rapidement.

Dans un cas comme celui-ci, on a tendance à invoquer la loi de MURPHY ( loi des emmerdements maximums ). Et bien, avec humour, un de nos adhérents nous a fait remarquer que la loi de HOFSTADTER s’appliquait tout à fait à notre domaine d’activité : « la maintenance de bateau ».

« Ça prend toujours plus de temps qu'on croit, même en prenant en compte la loi de Hofstadter. »

 

 

 

Cette loi a été énoncée par le très sérieux universitaire américain Douglas Hofstadter dans son oeuvre-phare, Gödel, Escher, Bach, les brins d'une guirlande éternelle  (1979, Prix Pulitzer en 1980). Derrière une formulation facétieuse, la loi de Hofstadter rend compte d'une difficulté universelle : il est pratiquement impossible de prévoir le temps qui sera nécessaire à l'accomplissement d'une tâche complexe. Empiriquement vérifiable en nombre de domaines, cette loi semble avoir un champ d’application quasi infini. Je citerai l’explication pour les passionnés de logique fourni par wikipédia :« La phrase est auto réflexive dans la mesure où elle se cite elle-même : de ce fait, elle nous pousse à suivre une logique récursive qui nous conduit à "penser en boucle". Autrement dit, même si nous tenons compte de la loi de Hofstadter pour planifier un travail, nous devons à nouveau reconsidérer la loi de Hofstadter pour être en accord elle-même; ce processus se répète à l'infini, et il est devient en même temps impossible de satisfaire la loi de Hofstadter. »

A partir de là, cette loi dite « loi de glissement des plannings » dans l’ouvrage de Monsieur Schott « Les Miscellanées »,  implique non seulement qu'il est difficile d'estimer la durée d'un projet, mais encore que cette difficulté est infinie.

Pas très encourageant pour se mettre au boulot pour certains et encore moins pour d’autres quand il s’agit de réaliser un devis, réclamé coûte que coûte.

 

 



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Mehmet Ünal